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Quand le sensible affecte la société : nouvelles formes d’écologies sociales

Anthropologie politique pratiques artistiques

Sculptures zapatistas (los cayucos) exposés au musée Reina Sofía. Madrid, juin 2022. Photo : Romain Courtemanche. Crédits : “Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía”

Ce projet est issu d’une enquête ethnographique entreprise par Francesca Cozzolino en 2017 sur la scène artistique mexicaine et ses implications dans les mondes sociaux ainsi que ses prolongements en Europe. Sa recherche invite à penser les pratiques de résistance par l’art en étudiant les circulations d’objets et de réseaux entre le Mexique et l’Europe ainsi que les échos qui se produisent d’une localité à l’autre dans les espaces ibéro-américains.

Pour ce faire, il s’agit d’une part de mener une enquête permettant de reconstruire les réflexions et processus qui ont amené l’équipe du musée Reina Sofía à entreprendre un travail de reconfiguration de ses collections en direction d’une critique de l’héritage colonial et l’acquisition d’œuvres réalisées par des membres des communautés indigènes du Chiapas. D’autre part, il s’agit de mettre en résonnance l’étude du processus de patrimonialisation des productions indigènes avec les discours produits par les zapatistes eux-mêmes et les réseaux militants soutenant leur voyage en Europe en 2021.

Ce terrain à Madrid a ainsi pour objectif de retracer les dynamiques qui ont amené à cette entrée des productions indigènes sur une scène de l’art européenne, et de comprendre tant ses implications dans la réception d’un « temps du mépris » associé au passé colonial et d’un présent qui marquerait à l’inverse le « temps de la reconnaissance », que les dissonances occasionnées par ces circulations au niveau transnational.

Dans une perspective plus large, l’ambition de ce projet de recherche est de comprendre la manière dont ces circulations culturelles impliquent des processus de réécriture de l’histoire et d’élaborer les fondements épistémologiques et théoriques d’une performativité politique de l’art.

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JE creolisation 2020

Archives de la journée d’étude en ligne « Créolisation par l’art et en design? Créer dans le tout-monde »

Date : Mardi 17 novembre 2020, 10.00 – 18.30
Intervenant.e.s : Christine ChivallonDénètem Touam Bounadach&zephirRolando VázquezFlorence LazarLaura Bini CarterCharlotte AttalRachel Marsil et Ruedi Baur
Télécharger le programme
Consulter le billet sur le site de EnsadLab

Si la notion de créolisation a déjà été mobilisée dans les pratiques curatoriales (Martin 1989 ; Enwezor 2003), la manière dont elle est aujourd’hui revendiquée, mise en oeuvre, rejetée ou ignorée par une jeune génération d’artistes et de designers est en revanche moins bien connue. Prenant acte de cette lacune de la théorie de l’art et du design francophone, cette journée d’étude propose de réfléchir à la façon dont la notion de créolisation dans toute sa richesse épistémologique, linguistique, politique et culturelle (Chivallon 2013) irrigue ou pas les pratiques contemporaines en art et en design et si, en retour, elle est peut nous aider à penser comment aujourd’hui la création peut affecter les sociétés et communautés ayant entamé un processus de décolonisation de leurs savoirs et pratiques.

Affiche de la journée, 2020. Graphisme Charlotte Attal.

Cette journée d’étude est organisée par la Plateforme « art, design et société, (Francesca Cozzolino, Arnaud Dubois et Sophie Krier) d’EnsadLab (laboratoire de l’École des Arts Décoratifs – Université Paris, Sciences et Lettres, PSL) avec le soutien de la Chaire arts& sciences de l’École polytechnique, de l’EnsAD-PSL et de la Fondation Daniel et Nina Carasso.

Réunissant artistes, designers et chercheur.e.s en sciences sociales, la journée d’étude a alterné présentations académiques, présentations-installations et présentations artistiques afin de produire une réflexion critique sur la notion de créolisation, d’interroger les potentialités et les limites de son usage en art et design et de penser les relations que cette notion entretient avec les notions connexes de décolonisation, de marronnage et de résistance.
En introduction à la journée d’étude, Christine Chivallon propose une réflexion critique et théorique sur la notion de créolisation : son origine, son évolution temporelle, disciplinaire, linguistique et culturelle, ainsi que les usages, les appropriations et les abus ou limites de cette notion dans le contexte du monde que nous habitons aujourd’hui.
Dénètem Touam Bona explicite ici le rapport entre « fugue » – les formes de vie et de résistance furtives – et « refuge » – les espaces-temps qu’elles déploient. Sa réflexion est issue d’expressions créatives rencontrées lors de voyages, missions d’éducation et études de terrain et à l’aune de l’expérience du « marronnage ». Il montre comment cette notion, issue du contexte esclavagiste, peut être étendue à un ensemble de pratiques créatives de résistance.
Le duo de designers dach&zephir exposent ici les enjeux de leur recherche Éloj Kréyol, fruit d’une enquête de terrain et d’un projet pédagogique en Martinique. Quel peut être le rôle d’un objet dit « témoin » en relation aux économies de pouvoir du design d’aujourd’hui ? Comment croiser richesses et incohérences matérielles et culturelles dans un seul et même objet ?
La décolonialité et la créolisation en tant que pratiques situées offrent des alternatives à la Modernité eurocentrée. Elles articulent des coalitions relationnelles parmi les narratifs effacés, dénigrés, reniés qui ont été amputés de leurs possibilités de « devenir monde ». Rolando Vázquez expose ici comment les luttes décoloniales nous appellent à une réorientation de nos pratiques épistémiques et esthétiques, ainsi que de nos pratiques pédagogiques et artistiques.
Projection du film de Florence Lazar « Tu crois que la terre est chose morte » (2019, France, Sister Productions, 70 min) suivie d’une rencontre avec l’artiste, animée par Laura Bini Carter, chercheuse en anthropologie sociale (City University of New York Graduate Center (CUNY). Le film se situe en Martinique. Il est à la fois une exploration des lieux de résistance à la crise écologique et une mise en scène des femmes et des hommes qui se pensent et qui agissent sur le terrain historique de la colonialité.
Présentation de « En quête de soi. Enquête par l’image » par Rachel Marsil, étudiante à l’ École des Arts Décoratifs, Paris (design textile) et de « Identités déracisées » par Charlotte Attal, diplômée de l’ École des Arts Décoratifs, Paris (design graphique), suivies d’une table ronde avec les intervenant·e·s de la journée, modérée par Ruedi Baur (designer et enseignant à l’ École des Arts Décoratifs, Paris).
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savoir faire creolises 2020

L’art de faire parler la terre : une enquête de recherche-création autour des pratiques horticoles et de la culture rurale à la Martinique (2020-2022)

« L’ art de faire parler la terre » est une enquête de recherche-création qui vise à déployer, par le biais de dispositifs artistiques, une narration partagée des traditions et savoirs qui, dans les pratiques quotidiennes horticoles et agricoles de la Martinique, ne cessent d’être réinventés.

Sophie Krier à l’écoute de plantes d’un jardin à vocation artistique et pédagogique au Campus Caribbéen des Arts de Fort-de-France. Le jardin, baptisé Arada, a été ré-activé par l’artiste Marc-Marie Joseph avec des étudiant.e.s dans le cadre de l’axe de recherche (ARC) Territoires Sensibles. Photo Francesca Cozzolino, 2021.

Par cette enquête portée par une artiste (Sophie Krier) et une anthropologue (Francesca Cozzolino), nous souhaitons dans un premier temps faire émerger des connaissances sur ces pratiques de tous les jours qui participent de la transformation des mondes ruraux (pratiques d’auto subsistance alimentaire, culture de plantes médicinales et magiques, techniques de culture sur pente, pratiques solidaires de koudmen ou coup de main, chants et danses liés au travail de la terre dans le lasotè) en nous intéressant aussi bien au jardin créole (jaden) qu’au jardin partagé (péri)urbain.

Travail de maraîchage du matin à l’Écolieu de Tivoli (Fort-de-France) fondé par l’Association CCPYPM (Centre de Culture Populaire Ypiringa de Pastinha Martinique) en 2019. Photo Francesca Cozzolino, juin 2021.
Plantothèque de l’Écolieu de Tivoli, fondée en partenariat avec le réseau Tramil. Ce réseau de recherche scientifique et usage populaire des plantes médicinales regroupe environ deux cents chercheurs de trente pays de la Caraïbe. Photo Sophie Krier, juin 2021.

Outre [ses] valeurs paysagères, économiques et sociales, les jardins créoles constituent un trait culturel majeur de la Martinique. Leurs aspects variés et complexes sont l’héritage mêlé et évolutif des « ichalis » caraïbes, des « plantages » ou « places à vivres » au temps de la colonie esclavagiste, des « lougan » ouest-africains, des « jardins de cases » et « jardins à nègres » africains, des « dégrads » et des « habituées » cultivés par les marrons, les libres de savane, les mulâtres libérés voire les déserteurs blancs, des jardins arborés « bô kay » qui entourent les maisons, voire des jardins « an piyon », au pignon de la maison. – Vincent Huygues-Belrose, Atlas des Paysages de la Martinique. Vers une politique des paysages (2006)

Source: http://atlas-paysages.pnr-martinique.com/10-l-elegance-du-patrimoine.html
Lasotè organisé par l’Association Lasoté de Fonds St Denis, 19 Juin 2021. Ce travail collectif de préparation manuelle de la terre avant les semis est porté par des sons de tambouyé, ti bois et de conque de lambis. Il est commenté par le ‘crieur’ (kryé)qui avec la conque, donne la cadence aux mouvements des corps. On appelle ce travail aussi koudmen ou coup de main. Photo Francesca Cozzolino, 2021

Dans un deuxième temps, nous souhaitons valoriser et mettre en partage les savoirs recueillis par le biais de dispositifs artistiques (podcasts, ateliers pratiques) dans le cadre d’événements publics permettant de « faire société », aussi bien à la Martinique qu’en métropole, autour de ces pratiques.

Marc Marie-Joseph, artiste et enseignant au Campus Caribéen des Arts (CCA) de Fort-de-France, tend une feuille de simen-kontra cultivée dans le cadre du projet Arc ARADA à Sophie Krier. Photo Francesca Cozzolino, juin 2021.
Atelier d’alcoolature (première étape de la thérapie par les plantes appliquée en micro doses) organisé par Les Jardins de Gaïac et encadré par Chantal Humez, Nicolette Reibec (Man Tina) et Emmanuel Nossin, le dimanche 13 juin 2021, au Village de la Poterie (Trois-Ilets). Photo Francesca Cozzolino

Dessiner ce qu’on ressent, pas ce qu’on sait.
Afin de mettre en partage les savoirs recueillis par le biais de l’enquête « L’art de faire parler la terre », le jeudi 20 janvier 2022 Francesca Cozzolino et Sophie Krier se sont associées à Nicolette Reibec (experte en plantes médicinales et fondatrice du Domaine Man Tina au Morne Rouge) pour animer un atelier d’observation graphique de plantes conçu sur mesure pour quinze élèves CM2 de l’École Marcel Placide de Fort-de France. L’atelier a eu lieu au coeur de la Plantothèque / École dUrgence de l’Écolieu de Tivoli, réalisée par l’Association CCPYPM (Centre de Culture Populaire Ypiringa de Pastinha Martinique) en 2019 en partenariat avec le réseau Tramil, un réseau qui fédère les acteurs de la recherche scientifique et des usages populaires des plantes dans trente pays de la Caraïbe.

La guérisseuse Man Tina explique les propriétés médicinales des plantes ; Sophie Krier donne des consignes pour un exercise de dessin les yeux fermés. Francesca Cozzolino interroge les élèves sur une plante aux pouvoirs magiques qui pourrait guérir la Martinique des maux que les enfants estiment devoir être soignés. Photo Romain Courtemanche, 2022
Dessin aveugle I & II (parties aériennes et racines). Photo Romain Courtemanche, 2022

Prendre la mesure de l’effort collectif dans le travail de la terre
Le samedi 22 janvier 2022, sous les pitons du Morne-Vert, c’est cette fois avec Marc Marie-Joseph, (artiste plasticien enseignant au Campus Caribéen des Arts où il pilote l’Atelier de Recherche-Création, ARC Arada) que Francesca Cozzolino et Sophie Krier ont fait équipe afin de « prendre la mesure de l’effort » engagé par les agriculteurs pendant le lasotè, une technique de labour collectif sur pente qui se pratique au son de tambours, ti bwa, et conque de lambis. Durant toute la durée du lasotè, Marc et Sophie ont tressé une kod maho (nommée ainsi d’après l’arbre mahault qui en fournit l’écorce), évoquant par ce geste ininterrompu la délimitation d’une parcelle, la construction de liens entre l’homme et son environnement, ou encore certaines expressions créoles dans lesquelles la corde joue un rôle, comme celle évoquée dans la chanson populaire de Eugène Mona « Bwa brilé » : (je me lève le matin, je prends un bout de corde et m’attache les reins avec). La technique du tressage leur a été transmise par Guy Bussy, membre de l’Association Lasotè de Fonds St Denis.

Marc Marie-Joseph tresse l’écorce la kod maho (corde mahault). Photo Romain Courtemanche 2022
Labourage et tressage se croisent. Photo Romain Courtemanche 2022
Guy Bussy (membre de l’Association Lasotè) pendant l’atelier d’apprentissage de la technique de tressage de la corde mahault avec Shamika Germain, Cindy Manlius (étudiantes en art au CCA), Nato Bosc Ducos (étudiant en mobilité depuis l’Ecole des Arts Décoratifs, Paris), 19 janvier 2022.

ACTIVITÉS

  • Journée d’étude en ligne « Créolisation en art et en design? Créer dans le Tout-monde », mardi 17 novembre 2020, École des Arts Décoratifs, Paris
  • Table ronde « Pour un design situé. Rencontre autour du livre Eloj Kréyol » au Campus Caribéen des Arts (CCA) de Fort-de-France, Martinique et en ligne, mardi 8 juin 2021, 11h-12h30 (heure de Fort-de-France) et 17h-18h30 (heure de Paris). Consulter le programme.
  • Atelier participatif « Dessin à l’aveugle », Francesca Cozzolino, Sophie Krier et Man Tina, Écolieu de Tivoli, Fort-de-France, 20 janvier 2022.
  • Intervention artistique « Tresser la kod maho« , Marc-Marie Joseph et Sophie Krier en alliance avec l’Association Lasotè, Morne-Vert, 22 janvier 2022.
  • Conférence : « Co-construire les savoirs sensibles  » . Modéré par Arnaud Dubois (anthropologue, Ensadlab), cet échange a croisé les regards de Francesca Cozzolino (anthropologue, EnsadLab), Sophie Krier (artiste-chercheure, EnsadLab) et Annick Jubénot (fondatrice de l’Association Lasotè, Fonds St Denis, Martinique). Cette conférence a été pensée pour le workshop « Élargir les champs d’une pratique de recherche citoyenne » du forum Trans-making organisé par Relais Culture Europe le jeudi 2 décembre 2021.
  • Conférence : « L’art de faire parler la terre » donnée le mardi 29 novembre 2023 à l’ ENSA-Limoges, dans le cadre du projet de recherche-création « Chromoculture, cultiver la couleur par l’art et le design », porté par Arnaud Dubois.
  • Conférence : « Faire parler la terre ». Cette conférence a été pensée pour l’axe intitulé « Enquêter, collecter » du colloque « En-quête d’images. L’art de croiser les gens » organisé par Magali Massoud, Agathe Roux et Laurine Wagner les 16 et 17 janvier 2023 à l’ École des Arts de la Sorbonne, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
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Remerciements
À Claire Joseph et Téo Angoleiro pour l’accueil à l’Écolieu de Tivoli ; à Florence Lazar pour la mise en contact avec Man Tina par le biais de son film « Tu crois que la terre est chose morte » (2019) ; à Annick Jubénot et l’Association Lasotè pour l’accueil chaleureux ; à Christine Chivallon pour son travail précurseur avec le livre « Espace et Identité à la Martinique » (1998) sur la paysannerie des mornes; à Marc-Marie Joseph pour la mise en lien avec Emmanuel Nossin par le bais de l’ARC Arada au CCA.

Colophon
Le projet de recherche « L’ art de faire parler la terre. Une enquête de recherche-création autour des pratiques horticoles et de la culture rurale à la Martinique » est soutenu par le Ministère de la Culture et de la communication, département de Outre-Mer et mené par Francesca Cozzolino et Sophie Krier au sein de la Plateforme « Art, design et société » d’EnsadLab, le laboratoire de recherche de l’École des Arts Décoratifs, Paris.

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Table ronde Mexique 2020

Table-ronde : « Création contemporaine au Mexique »

Date: 15 octobre 2020
Lieu: Institut cultural de México en France
Avec : l’artiste Mauricio Limón de León, l’anthropologue Francesca Cozzolino (enseignante-chercheure, EnsadLab) et le curateur Marco Calderón.

Entre raillerie et observation du banal, l’artiste Mauricio Limón de León nous invite dans l’exposition « Le premier qui rira » à une réflexion sociale au gré de ses pérégrinations dans un espace urbain identifié: Iztapalapa. Densément peuplé, ce secteur sensible est situé à l’est de Mexico. Cette enclave éloignée et défavorisée revêt aux yeux de l’artiste une dimension énigmatique et profondément humaine.

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Enquête savoir-faire créolisés

Créolisation des savoirs : Eloj Kréyol (2019)

Florian Dach, Dimitri Zephir (dach&zephir) et Sophie Krier présentent leurs recherches lors du workshop éditorial « Imaginer l’article de demain : nouvelles structures narratives et formes de socialisation des savoirs » (2019)

« Créolisation des savoirs » est une recherche éditoriale portée par Sophie Krier autour du projet de recherche Éloj Kréyol du duo parisien / guadeloupéen de design dach&zephir. Cette enquête à perspective décoloniale cherche à questionner la façon dont les formes créées aujourd’hui par les designers peuvent témoigner des processus de créolisation linguistique, culturelle et matérielle dans les Antilles françaises, afin de valoriser des savoir-faire artisanaux qui sont la manifestation d’une « intelligence rusée » (Lucrèce 2019).

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Enquête Art et politique au Mexique

Quand l’art façonne la société : enquête sur la scène mexicaine contemporaine (depuis 2017)

Workshop « Mapeo Colectivo », collectif artistique Iconoclasta, México, 2017

Une enquête en cours dans les mondes de la création du Mexique nous permet de penser comment les pratiques artistiques impliquent l’émergence de nouvelles « écologies sociales » issues d’actions collectives et collaboratives. Il s’agit de comprendre comment le sensible « performe » le réel, c’est-à-dire comment la façon de travailler des artistes, peut générer des éléments susceptibles de faire émerger de nouvelles formes de sociabilité, de changer les relations de pouvoir et d’activer des processus d’ « empowerment ».

Ces dynamiques jouent un rôle particulièrement important lorsque, comme dans le contexte mexicain, le tissu social est mis à mal par des inégalités sociales grandissantes. Proposant de nouveaux contextes de production artistique, elles permettent aussi de retisser des fils entre les différents groupes et de créer du lien social, favorisant ainsi l’émergence d’un « commun ». Dans ce cadre, la création en art et en design contribuerait à réinventer des espaces de socialisation dans des contextes de forte fragmentation sociale.

Afin de restituer les circulations entre les mondes de l’art et les mouvements sociaux et de faire émerger des manières, tant au niveau individuel que collectif, de « faire dans le trouble » , ce projet s’appuie sur une série d’enquêtes ethnographiques menées au sein de centres culturels, de festivals temporaires, de collectifs artistiques et de réseaux de quartier localisés dans trois régions du Mexique (Mexico DF, les états de Puebla et du Chiapas). Celles-ci nous permettront d’observer comment des groupes sociaux sont capables d’activer, par le biais de la création artistique, de nouveaux types d’espaces publics.

Enquête « Quand l’art façonne la société », Xochimilco, Mexico, 2018

Ce projet fait ainsi le pari qu’art et société, lorsqu’ils se rencontrent, peuvent faire émerger de nouvelles écologies sociales et que les pratiques artistiques, lorsqu’elles sont prises dans des dynamiques politiques et sociales peuvent contribuent à redéfinir la notion de société. En tant qu’objet de recherche, les pratiques de création artistique exigent par ailleurs des chercheurs d’inventer des modalités d’enquête et d’écriture à même d’en restituer le caractère sensible. Nous souhaitons ainsi associer à ce volet empirique de la recherche une recherche par la pratique, qui nous permettra d’explorer la possibilité de formes hybrides de publication et de restitution de ces recherches.

Ce projet de recherche est piloté par Francesca Cozzolino (enseignante – chercheure, Ensadlab) et a bénéficié du soutien de l’IRIS PSL « Création, cognition et société » entre 2017 et 2019 et depuis 2019 il bénéficie du soutien de l‘EUR ArTec (Université deParis 8) et d’EnsadLab.

Equipe et collaborateurs:

  • Samuel Bianchini (artiste-chercheur, EnsadLab)
  • Francesca Cozzolino (ensiegnante-chercheure EnsadLab/Lesc)
  • Pierre-Olivier Dittmar (maître de conférence, EHESS)
  • Sophie Krier (artiste-chercheure EnsadLab)
  • Francisco De Parrez Gómez (antrhopologue, ENAH, Mexico)
  • Caroline Perrée (chercheure CEMCA, Mexico)
  • Kristina Solomoukha (artiste, enseignante EnsAD/EESAB, Rennes)
  • Sophie Wahnich (directrice de recherche, CNRS/ IIAC-EHESS)
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