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Le sensible comme forme de connaissance : enquêter et publier autrement

En quete dimages 2021

Séminaire de recherche « En quête d’images. Quelles formes sensibles d’écriture pour la recherche en arts et sciences humaines et sociales? » (2021)

Dates : Vendredi 26 mars 2021, vendredi 21 mai 2021, fin octobre et fin décembre 2021
Lieu : Visioconférence (10h-12h)
Inscriptions : enquetedimages@eur-artec.fr
Page dédiée sur EUR ArTeC
Pour plus d’informations écrire à : francesca.cozzolino@ensad.fr; anne.bationo-tillon@univ-paris8.fr

Ce séminaire est organisé dans le cadre du projet « En quête d’images » initié en 2019. Ce dernier ambitionne d’inventer et de mettre à l’épreuve des dispositifs de recherche visuels qui ne dissocient pas les trois étapes clefs de l’enquête ethnographique que sont l’élaboration de données de terrain, leur analyse et la restitution des résultats.

Selon l’évolution des restrictions sanitaires les séances se tiendront à distance ou sur place (EUR ArTeC / Paris 8 / EnsadLab).  Les informations pratiques seront régulièrement actualisées sur le site de EUR ArTec  (Paris 8) et de cette Plateforme.

Programme

Le séminaire se déroulera sous la forme de quatre journées de recherche comportant une séance plénière ouverte aux étudiant.e.s et chercheur.e.s. intéressé.e.s le matin, et une demi-journée d’atelier en interne dédiée à l’analyse et la mise en forme des données issues d’enquêtes ethnographiques l’après-midi. Ces ateliers permettront ainsi de mettre en commun les corpus de données et les problématiques internes à chaque terrain afin d’identifier des questions de recherche transversales ainsi que d’élaborer collectivement des dispositifs visuels de recherche au plus près des problématiques de chaque terrain. 

Présentation du séminaire

Nous postulons que la conception de dispositifs de recherche par l’image (nous incluons ici tout autant la photographie que la vidéo ou la data-visualisation) encourage d’autres approches d’écriture du réel, et transforme les pratiques d’enquête, des méthodes de recueil et d’analyse à la restitution. Nous nous donnons ainsi par finalité d’explorer de nouvelles formes de narration qui passent par l’expérience visuelle, l’émotion, la perception, pour rendre compte autrement des phénomènes artistiques et sociaux observés sur le terrain sans évincer la fluidité du sensible (Laplantine, 2005)

Un premier workshop de recherche, conduit en septembre 2020, nous a permis d’expérimenter des formes innovantes de publicisation,  ainsi que la mise à l’épreuve de dispositifs interactifs pour la restitution d’enquêtes ethnographiques. À cette occasion, nous avions invité Arno Gisinger ( artiste, enseignant-chercheur à Paris 8) et Barbara  Glowczewski (anthropologue, CNRS) à intervenir afin de nourrir la réflexion collective. Leurs conférences sont accessibles en ligne : « Une histoire fantomatique: Aby Warburg et la photographie » ; « Retour sur une restitution anthropologique : défis technologiques et cosmopolitiques ».

Cette année, il s’agit de poursuivre et d’approfondir une réflexion épistémologique sur les formes sensibles d’écriture de la recherche à la croisée de l’art, du design, de l’anthropologie et de l’ergonomie. Notre problématique s’inscrit dans une réflexion ancienne en anthropologie sur les formes de restitution de l’enquête par l’image en sciences humaines et sociales (Cox, Irving, Wright, 2016; Glowczewski, 2009; Schneider, Müller, Pasqualino, Schneider, 2017). Plus généralement, les réflexions sur la construction et l’adresse de la narration ainsi que le statut accordé tant à la description qu’aux images sont des questions déterminantes pour penser aussi bien les enjeux d’objectivité (Daston et Galison, 2012) et de représentativité, que la manière dont les recherches peuvent ou ne peuvent pas (éthiquement) être partagées et diffusées.

Dans le domaine de la création, les pratiques qui interrogent les modalités de la recherche en art et en design se multiplient également. Par des dispositifs plastiques situés, elles invitent notamment à reconnaitre que la recherche puisse se manifester par des formes non discursives. Émergent alors d’autres formes d’écriture en sciences sociales qui passent par le récit visuel (Berger & Mohr, 1981), le dessin ethnographique (Causey, 2016), l’archive web  (Tsing et al. 2020),  la web-TV (Marambio et Saquel, 2019) ainsi que les dispositifs de data-visualisation, les jeux vidéo (Parizot, 2016) ou encore des formes narratives orientées vers divers futurs possibles qui font écho aux démarches dites de « design-fiction » (Nova, 2014).

Lors de ces quatre journées d’étude, nous souhaitons ainsi réunir des chercheur.e.s pouvant témoigner de ces nouvelles formes d’écriture et de restitution de l’enquête et mettre à l’épreuve de leurs regards nos expérimentations éditoriales en cours. Le séminaire public s’articule en quatre séances (qui se tiendront entre le mois de mars et décembre 2021) nous permettant de fédérer des chercheurs autour de problématiques de recherches communes qui interrogent la circulation des savoirs et les formes matérielles qu’ils peuvent prendre (Waquet, 2015). Nous nous interrogerons sur  la possibilité de s’adresser à de nouveaux publics dans des formes innovantes de publicisation de la recherche et sur la création d’agencements visuels et de récits spéculatifs qui mobilisent une diversité de données empiriques (visuelles, sonores, géographiques).

Chacune des séances comprend un volet pédagogique et sera donc construite sur une bibliographie spécifique qui sera adressée au préalable aux étudiant.e.s afin de les familiariser avec les problématiques de recherche traitées. L’ évaluation de la formation se fera sur la base de la restitution d’un essai de recherche mobilisant les références bibliographiques étudiées et construit sous une forme fictionnelle ou visuelle à partir de leurs propres données de recherche. 

Colophon

Ce workshop éditorial réunit des chercheurs de l’Université Paris 8 (laboratoire Paragraphe et laboratoire EPHA) et d’EnsadLab (laboratoire de l’École des Arts Décoratifs, Paris – Université Paris, Sciences et Lettres, PSL) dans le cadre du programme de recherche « En quête d’images » co-dirigé par Francesca Cozzolino (EnsadLab, École des Arts Décoratifs, Paris – Université Paris, Sciences et Lettres, PSL) et Anne Bationo Tillon (Université Paris 8, laboratoire Paragraphe) avec la collaboration de la Plateforme « art, design & société » d’EnsadLab. 

Le comité d’organisation est composé de Anne Bationo Tillon (ergonome, enseignante-chercheure HDR, Université Paris 8); Francesca Cozzolino (anthropologue, enseignante-chercheure, EnsadLab); Sophie Krier (artiste-chercheure, EnsadLab); Nicolas Nova (anthropologue, enseignant-chercheur HEAD – Genève)

Références bibliographiques

Berger John & Mohr Jean, Une autre façon de raconter, Paris, éd. Maspero, 1981.

Causey Andrew, Drawn to See. Drawing as an Ethnographic Method, University of Toronto Press, 2016.

Cox Rupert, Irving Andrew, Wright Christopher, Beyond the text. Critical practices et sensory anthropology, Manchester, Manchester University Press, 2016.

Daston Lorraine & Galison Peter, Objectivité, Paris, Les Presses du réel, 2012.

Glowczewski Barbara, , « Restitution de données anthropologiques en multimédia : défis pratiques, éthiques et scientifiques », in Albaladejo Christophe, Gesslin Philippe et Alii,  La mise à l’épreuve. Le transfert des connaissances scientifiques en questions, 2009, p. 69-85.

Laplantine François,  Le social et le sensible, introduction à une anthropologie modale, Paris, Téraèdre, 2005.

Marambio Camila, Saquel Carolina (eds.), Ariel Bustamante (sound design), DISTANCIA. A more-than-human web series in Tierra del Fuego, 2019. Accessible en ligne.

Müller Bernard, Pasqualino Catarina, Schneider Arnd. (dir.), Le terrain comme mise en scène, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2017.

Nova Nicolas, Futurs ? La panne des imaginaires technologiques, Paris, éd. Les Moutons électriques, 2014.

Parizot Cédric & Edric Stanley Douglas, Recherche, art et jeu vidéo : ethnographie d’une exploration extra-disciplinaire, antiAtlas Journal #01, 2016. Accessible en ligne.

Tsing Anna, Deger Jennifer, Keleman Saxena Alder, Zhou Feifei (eds.), Feral Atlas. The More-Than-Human Anthropocene, Stanford University Press, 2010. Accessible en ligne.

Waquet Françoise, L’ordre matériel du savoir. Comment les savants travaillent (XVI-XXIème  siècles), Paris, CNRS éditions, 2015.

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Workshop de recherche 2020

Workshop de recherche « En quête d’images ». Comment inventer des dispositifs socio-technologiques visuels de recherche, du terrain ethnographique à la publication, de l’enquête à sa restitution?

Dates : 28-29-30 septembre 2020
Lieu : EnsadLab, Ecole des Arts Décoratifs, Paris
Billet EnsadLab : Workshop de recherche « En quête d’images »
Télécharger le programme du workshop

Lors de ce workshop, quatre équipes de chercheur.e.s issues des projets soutenus par l’EUR ArTeC « En quête d’images » et « Tailleurs d’images » se sont réunies autour de problématiques de recherche communes qui interrogent la circulation des savoirs, la possibilité de s’adresser à de nouveaux publics par des formes innovantes de publicisation de la recherche, la création d’agencements visuels et de récits spéculatifs permettant de partager des recherches collectives qui mobilisent une diversité de données empiriques (visuelles, sonores, géographiques), ainsi que l’expérimentation de dispositifs interactifs pour la restitution d’enquêtes ethnographiques.

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Note de synthèse Tailleurs d’images


Note de synthèse du collectif Tailleurs d’images, workshop de recherche « En quête d’images » (28-30 septembre 2020, EnsadLab)

Le projet de recherche « Tailleurs d’images : nouvelles voies d’expériences artistiques, quels espaces, quelles pratiques pour quels territoires » est un projet transdisciplinaire arts sciences humaines et sociales porté par un collectif d’artistes et de chercheurs. Le projet vise à explorer des chemins inédits d’expériences artistiques à l’échelle du territoire de la Seine Saint Denis. Il s’inscrit dans les orientations contemporaines des recherches en questionnant conjointement les modalités de l’expérience esthétique et ses enjeux politiques. Le parti pris du projet consiste à considérer le sujet visiteur de l’exposition-action, comme un sujet pragmatique du « je peux » qui oeuvre dans le monde, s’approprie ce qui est donné, disponible ou prévu et construit des ressources, il s’agit d’un sujet en devenir, d’un sujet auteur de son développement. » (Rabardel, 2005). Dans cette optique, le tableau est autant fait par le regardeur que l’artiste. L’existence d’une oeuvre implique que deux activités hétérogènes, celles des regardeurs et celle des artistes entrent en résonance. Les expériences de résonances sont constitutives du devenir sujet. »

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Journée creolisation 2020

Journée d’étude en ligne « Créolisation par l’art et en design? Créer dans le tout-monde »

Date : Mardi 17 novembre 2020, 10.00 – 18.30
Intervenant.e.s : Christine Chivallon, Dénètem Touam Bounadach&zephir, Rolando Vázquez, Florence Lazar, Laura Bini CarterCharlotte AttalRachel Marsil et Ruedi Baur
Télécharger le programme
Voir le billet sur le site de EnsadLab
Inscriptions : evenement.recherche@ensad.fr (vous recevrez alors un lien zoom vous permettant de nous rejoindre pour la journée)

Si la notion de créolisation a déjà été mobilisée dans les pratiques curatoriales (Martin 1989 ; Enwezor 2003), la manière dont elle est aujourd’hui revendiquée, mise en oeuvre, rejetée ou ignorée par une jeune génération d’artistes et de designers est en revanche moins bien connue. Prenant acte de cette lacune de la théorie de l’art et du design francophone, cette journée d’étude propose de réfléchir à la façon dont la notion de créolisation dans toute sa richesse épistémologique, linguistique, politique et culturelle (Chivallon 2013) irrigue ou pas les pratiques contemporaines en art et en design et si, en retour, elle est peut nous aider à penser comment aujourd’hui la création peut affecter les sociétés et communautés ayant entamé un processus de décolonisation de leurs savoirs et pratiques.

Affiche de la journée, 2020. Graphisme Charlotte Attal.

Cette journée d’étude est organisée par la Plateforme « art, design et société, (Francesca Cozzolino, Arnaud Dubois et Sophie Krier) d’EnsadLab (laboratoire de l’École des Arts Décoratifs – Université Paris, Sciences et Lettres, PSL) avec le soutien de la Chaire arts& sciences de l’École polytechnique, de l’EnsAD-PSL et de la Fondation Daniel et Nina Carasso.

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Workshop éditorial Imaginer l’article de demain

Workshop éditorial « Imaginer l’article de demain : nouvelles structures narratives et formes de socialisation des savoirs » (2019)

En juin 2019, nous avons organisé un atelier d’expérimentation éditoriale à partir de nos différentes enquêtes de terrain. A l’issue de l’atelier, plusieurs formes de restitution ont été proposées (atlas transmédia, base de données, topographie sensible…) par les équipes invitées.

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Formes d’écriture et processus de création

Archives de la journée « Formes d’écriture et processus de création » (2018)

Séance de travail sur l’ouvrage numérique «La création à l’œuvre. Une enquête autour de l’exposition Typoéticatrac», EnsadLab, 9 février, 2018.

Date : Jeudi 29 mars 2018, 9-20h
Lieu : École des Arts Décoratifs, 31 rue d’Ulm, Paris
Consulter le programme complet de la journée

La matinée, intitulée « Au-delà du texte. Quand les sciences humaines et sociales s’emparent des nouvelles formes de narration », a entrepris d’interroger comment certaines formes d’écriture artistique (graphisme, bande-dessinée ethnographique, dessin, data visualisation, exposition) viennent inspirer et transformer les pratiques des chercheurs en sciences humaines et sociales. Comment rendre compte et analyser des processus de création par de nouvelles formes d’écriture davantage liées aux situations observées ?

L’après-midi, intitulé « Hybridations. Recherches artistiques aux prises avec l’anthropologie » a regroupé des démarches à la croisée de l’art, du design et des sciences sociales, qui emploient des supports et des médias différents pour développer des formes narratives singulières. Celles-ci invitent à des lectures interactives en impliquant davantage le geste et le lecteur. Comment tirer parti des pratiques plastiques qui permettent de construire des nouvelles structures narratives ?

La journée a été clôturée par la conférence publique de Tim Ingold intitulée « Art and Anthropology for a living world » (archive vidéo en bas de page).

Cette journée d’études s’est inscrite dans le projet de recherche « Prendre le parti des choses. Publications hybrides sur les processus de création », dirigé à Ensadlab par Francesca Cozzolino (enseignante-chercheure, EnsadLab/LESC) avec la collaboration de Pierre-Olivier Dittmar (maître de conférences, EHESS, Techniques&Culture) et le soutien de l’Université PSL dans le cadre du projet IRIS « Création, cognition et société » et de la Chaire arts & sciences de l’École polytechnique, de l’EnsAD-PSL et de la Fondation Daniel et Nina Carasso.

Publicisations

  • INGOLD Tim, « Art et anthropologie pour un monde vivant », in : Techniques&Culture, Débats, publié le 11 février 20198, accessible en ligne : https://tc.hypotheses.org/2055

Conférence de clôture « Art and Anthropology for a living world » de Tim Ingold

Crédits image en introduction : Counting Kolams workshop run by Ester Alemany and Alfonso Mulero, Aberdeen Botanical Gardens, Knowing from the Inside (KFI), 2017. Photos Emile Kirsch.

Synopsis: Traditionally, the disciplines of anthropology and art have faced in opposite directions: the former dedicated to understanding forms of life as we find them; the latter to the creation of forms never before encountered. This talk is founded on the premise that the traditional opposition is untenable. Not only would the work of art carry no force unless grounded in a profound understanding of the lived world; but anthropological accounts of the manifold ways along which life is lived would also be of no avail unless brought to bear on speculative inquiries into what the possibilities for human life might be. Thus art and anthropology have in common that they observe, describe and create. Their orientations are as much towards human futures as towards human pasts: these are futures, however, that are not conjured from thin air but forged in the crucible of contemporary social lives.