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Le sensible comme forme de connaissance : enquêter et publier autrement

Workshop de recherche 2020

Workshop de recherche « En quête d’images ». Comment inventer des dispositifs socio-technologiques visuels de recherche, du terrain ethnographique à la publication, de l’enquête à sa restitution?

Dates : 28-29-30 septembre 2020
Lieu : EnsadLab, Ecole des Arts Décoratifs, Paris
Billet EnsadLab : Workshop de recherche « En quête d’images »
Télécharger le programme du workshop

Lors de ce workshop, quatre équipes de chercheur.e.s issues des projets soutenus par l’EUR ArTeC « En quête d’images » et « Tailleurs d’images » se sont réunies autour de problématiques de recherche communes qui interrogent la circulation des savoirs, la possibilité de s’adresser à de nouveaux publics par des formes innovantes de publicisation de la recherche, la création d’agencements visuels et de récits spéculatifs permettant de partager des recherches collectives qui mobilisent une diversité de données empiriques (visuelles, sonores, géographiques), ainsi que l’expérimentation de dispositifs interactifs pour la restitution d’enquêtes ethnographiques.

En complément aux deux conférences du matin publiées ci-dessus, les trois jours ont été ponctués de regards croisés impliquant les regards des étudiant.e.s doctorant.e.s inscrites au workshop. Ces séances d’échange interdisciplinaire ont donné lieu à une série de billets qui résument les observations et questionnements des doctorant.e.s en lien avec les approches de recherche et les choix de restitution de chacune des quatre équipes.

I. Retours sur l’équipe « De l’ethnographie à l’atlas transmédia : une enquête par l’image issue d’un terrain au Chiapas »

Étude de cas portée par Francesca Cozzolino (anthropologue, EnsadLab/Lesc) et Kristina Solomoukha (artiste, enseignante EnsAD et EESAB)
Designer pilote : Malou Messien avec l’accompagnement de Vadim Bernard (designer, Depli Studio)

Cet atelier a proposé un travail éditorial sur la production iconographique des zapatistes du Chiapas du sud-est mexicain et les univers visuels qui y sont convoqués. Cet atelier a été développé à partir des données empiriques issues d’une enquête en cours au Chiapas autour du festival CompArte (De Parres y Zagato, 2019 ). L’équipe s’est interrogée sur la manière dont ces images reflètent des cultures politiques transnationales et transhistoriques ; sur la façon dont les zapatistes réactualisent différentes traditions iconographiques ; et à un niveau plus large, la manière dont une culture produit des images, et comment des pratiques artistiques permettent à des individus de se politiser et de s’engager dans des luttes pour l’émancipation sociale et politique. L’objectif de cet atelier a été de produire une contribution pour la revue .able prenant la forme d’une surface zoomable interactive focalisée sur la constellation d’images intitulée « Caracol »  – motif d’escargot qui incarne tout autant le passé Maya que les idéaux zapatistes du présent (Gossen, 1996 ; Benjamin, 2000).

Animation des niveaux 1 et 2 de lecture de l’atlas visuel en cours de développement.
Animation des niveaux 2 et 3 de lecture de l’atlas visuel en cours de développement.
Extrait d’entretien avec Francesca Cozzolino au sujet de sa méthodologie de recherche
Extrait d’entretien avec Kristina Solomoukha au sujet de sa méthodologie de recherche

II. Retours sur l’équipe « Radiographie d’une rencontre »

Étude de cas portée par Anne Bationo Tillon (PAST HDR en ergonomie, UFR de psychologie, équipe C3U – Laboratoire Paragraphe – Paris 8) en collaboration avec Sarah Bouyain (réalisatrice), Caroline Doutre (photographe), Sandra Nogry (maître de conférence en psychologie, équipe CRAC – Laboratoire Paragraphe – Paris 8). Designer pilote : Pauline Gourlet

Les créations contemporaines proposées par des chorégraphes d’Afrique de l’Ouest sont de plus en plus visibles sur les scènes internationales. Tout en s’enracinant dans des savoirs, des techniques, des imaginaires locaux, ces créations s’inscrivent dans un espace social connecté faisant parti d’un univers artistique transnational. Cette première équipe a cherché à documenter une diversité de rencontres occasionnées et/ou documentées par le projet entre l’oeuvre chorégraphique Peubléto née au Burkina Faso et une diversité d’acteurs ancrés dans des pratiques et zones géographiques diversifiées. L’enjeu de cet atelier a été de concevoir un prototype d’un dispositif interactif, prototype pouvant remplir la fonction d’un journal de bord réflexif et ouvert de la recherche création en train de se faire.

Les cahiers du studio développés par le collectif de designer « l’atelier des chercheurs »

III. Retours sur l’équipe «OVERTIME »

Étude de cas portée par Sophie Krier (artiste et chercheuse, EnsadLab) et Stéphane Verlet-Bottéro (artiste, ingénieur de l’environnement et curateur indépendant) en collaboration avec Aris Titras (ingénieur IA) et Eva van der Schans (designer graphique).

Cet atelier a cherché une forme expérimentale de publication autour d’un happening intitulé OVERTIME qui a eu lieu sur un haut alpage du Sud-Tyrol italien, un site qui incarne le déplacement et la remise en cause de l’objet frontière. « Arpenter cet alpage, c’est naviguer dans un paysage indiciel (Pierce, 1956) qui témoigne d’une géo-histoire de la séparation : enclosures, discontinuités écologiques et géologiques, ruptures des usages, identités linguistiques conflictuelles… »

  • Visionner la cartographie visuelle de Sofia Kourkoulakou (EnsadLab/Paris 8)
Territory, Sofia Kourkoulakou, 2020. Le teaser vidéo fait allusion à l’usage par Krier, Verlet-Bottéro et Titras d’une intelligence artificielle pour décentrer le regard et créer d’autres narratifs autour de l’objet frontière dans le Sud Tirol.
Prêter attention à ce qui ne semble pas avoir d’importance (teaser format « vidéo.able »), Léa Gastaldi, 2020. « Les sous-titres sont présents habituellement pour traduire ou pour aider la compréhension du texte parlé. Dans le cas de ma vidéo, le texte est généré par une intelligence artificielle qui a tant bien que mal essayée de traduire la conversation entre Sophie et Stéphane. »
  • Consulter la note de synthèse rédigée par Sophie Krier et Stéphane Verlet-Bottéro

IV. Retours sur l’équipe « De la conception d’une exposition-action à son catalogue-action. »

Étude de cas portée par Arno Gisinger (artiste et maître de conférence, Laboratoire EPHA, Université Paris 8), Raphaële Bertho (commissaire d’exposition, maître de conférence en art, Laboratoire INTRU, Université de Tours), Pierre Rabardel (professeur émérite ergonomie, artiste), William Gaye (photographe), Anne Bationo Tillon (PAST HDR en ergonomie, équipe C3U-Laboratoire Paragraphe-Paris 8) Designer pilote : Julie Blanc

Cet atelier a été l’occasion pour le collectif « Tailleurs d’images » de travailler sur le recueil réalisé au sein d’une exposition-action au 6B « Tailleurs d’images #2 » qui cherchait à favoriser un large accès à l’art pour une diversité de population. Les œuvres pouvaient être activées de multiples façons par les visiteurs. Le collectif a couplé à cette exposition-action, un dispositif de médiation-action qui consistait à accompagner les visiteurs à fabriquer leurs propres images en écho à l’exposition : un dispositif permettant de recueillir le vécu des visiteurs qui inscrivent cette recherche-création de plein pied dans le paradigme de la résonance (Rosa, 2018). L’atelier a été l’occasion de concevoir le prototype d’un album d’exposition-action cherchant à restituer les enjeux conceptuels et empiriques de la recherche création.

Photographies du cycle de trois expositions-actions qui se sont déroulées entre 2018 et 2020 au 6B à la MSH Paris Nord dont le commissariat a été assuré par les Tailleurs d’images