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Quand le sensible affecte la société : nouvelles formes d’écologies sociales

JE creolisation 2020

Archives de la journée d’étude en ligne « Créolisation par l’art et en design? Créer dans le tout-monde »

Date : Mardi 17 novembre 2020, 10.00 – 18.30
Intervenant.e.s : Christine ChivallonDénètem Touam Bounadach&zephirRolando VázquezFlorence LazarLaura Bini CarterCharlotte AttalRachel Marsil et Ruedi Baur
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Consulter le billet sur le site de EnsadLab

Si la notion de créolisation a déjà été mobilisée dans les pratiques curatoriales (Martin 1989 ; Enwezor 2003), la manière dont elle est aujourd’hui revendiquée, mise en oeuvre, rejetée ou ignorée par une jeune génération d’artistes et de designers est en revanche moins bien connue. Prenant acte de cette lacune de la théorie de l’art et du design francophone, cette journée d’étude propose de réfléchir à la façon dont la notion de créolisation dans toute sa richesse épistémologique, linguistique, politique et culturelle (Chivallon 2013) irrigue ou pas les pratiques contemporaines en art et en design et si, en retour, elle est peut nous aider à penser comment aujourd’hui la création peut affecter les sociétés et communautés ayant entamé un processus de décolonisation de leurs savoirs et pratiques.

Affiche de la journée, 2020. Graphisme Charlotte Attal.

Cette journée d’étude est organisée par la Plateforme « art, design et société, (Francesca Cozzolino, Arnaud Dubois et Sophie Krier) d’EnsadLab (laboratoire de l’École des Arts Décoratifs – Université Paris, Sciences et Lettres, PSL) avec le soutien de la Chaire arts& sciences de l’École polytechnique, de l’EnsAD-PSL et de la Fondation Daniel et Nina Carasso.

Réunissant artistes, designers et chercheur.e.s en sciences sociales, la journée d’étude a alterné présentations académiques, présentations-installations et présentations artistiques afin de produire une réflexion critique sur la notion de créolisation, d’interroger les potentialités et les limites de son usage en art et design et de penser les relations que cette notion entretient avec les notions connexes de décolonisation, de marronnage et de résistance.
En introduction à la journée d’étude, Christine Chivallon propose une réflexion critique et théorique sur la notion de créolisation : son origine, son évolution temporelle, disciplinaire, linguistique et culturelle, ainsi que les usages, les appropriations et les abus ou limites de cette notion dans le contexte du monde que nous habitons aujourd’hui.
Dénètem Touam Bona explicite ici le rapport entre « fugue » – les formes de vie et de résistance furtives – et « refuge » – les espaces-temps qu’elles déploient. Sa réflexion est issue d’expressions créatives rencontrées lors de voyages, missions d’éducation et études de terrain et à l’aune de l’expérience du « marronnage ». Il montre comment cette notion, issue du contexte esclavagiste, peut être étendue à un ensemble de pratiques créatives de résistance.
Le duo de designers dach&zephir exposent ici les enjeux de leur recherche Éloj Kréyol, fruit d’une enquête de terrain et d’un projet pédagogique en Martinique. Quel peut être le rôle d’un objet dit « témoin » en relation aux économies de pouvoir du design d’aujourd’hui ? Comment croiser richesses et incohérences matérielles et culturelles dans un seul et même objet ?
La décolonialité et la créolisation en tant que pratiques situées offrent des alternatives à la Modernité eurocentrée. Elles articulent des coalitions relationnelles parmi les narratifs effacés, dénigrés, reniés qui ont été amputés de leurs possibilités de « devenir monde ». Rolando Vázquez expose ici comment les luttes décoloniales nous appellent à une réorientation de nos pratiques épistémiques et esthétiques, ainsi que de nos pratiques pédagogiques et artistiques.
Projection du film de Florence Lazar « Tu crois que la terre est chose morte » (2019, France, Sister Productions, 70 min) suivie d’une rencontre avec l’artiste, animée par Laura Bini Carter, chercheuse en anthropologie sociale (City University of New York Graduate Center (CUNY). Le film se situe en Martinique. Il est à la fois une exploration des lieux de résistance à la crise écologique et une mise en scène des femmes et des hommes qui se pensent et qui agissent sur le terrain historique de la colonialité.
Présentation de « En quête de soi. Enquête par l’image » par Rachel Marsil, étudiante à l’ École des Arts Décoratifs, Paris (design textile) et de « Identités déracisées » par Charlotte Attal, diplômée de l’ École des Arts Décoratifs, Paris (design graphique), suivies d’une table ronde avec les intervenant·e·s de la journée, modérée par Ruedi Baur (designer et enseignant à l’ École des Arts Décoratifs, Paris).
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savoir faire creolises 2020

L’art de faire parler la terre : une enquête de recherche-création autour des pratiques horticoles et de la culture rurale à la Martinique (2020-2022)

« L’ art de faire parler la terre » est une enquête de recherche-création qui vise à déployer, par le biais de dispositifs artistiques, une narration partagée des traditions et savoirs qui, dans les pratiques quotidiennes horticoles et agricoles de la Martinique, ne cessent d’être réinventés.

Sophie Krier à l’écoute de plantes d’un jardin à vocation artistique et pédagogique au Campus Caribbéen des Arts de Fort-de-France. Le jardin, baptisé Arada, a été ré-activé par l’artiste Marc-Marie Joseph avec des étudiant.e.s dans le cadre de l’axe de recherche (ARC) Territoires Sensibles. Photo Francesca Cozzolino, 2021.

Par cette enquête portée par une artiste (Sophie Krier) et une anthropologue (Francesca Cozzolino), nous souhaitons dans un premier temps faire émerger des connaissances sur ces pratiques de tous les jours qui participent de la transformation des mondes ruraux (pratiques d’auto subsistance alimentaire, culture de plantes médicinales et magiques, techniques de culture sur pente, pratiques solidaires de koudmen ou coup de main, chants et danses liés au travail de la terre dans le lasotè) en nous intéressant aussi bien au jardin créole (jaden) qu’au jardin partagé (péri)urbain.

Travail de maraîchage du matin à l’Écolieu de Tivoli (Fort-de-France) fondé par l’Association CCPYPM (Centre de Culture Populaire Ypiringa de Pastinha Martinique) en 2019. Photo Francesca Cozzolino, juin 2021.
Plantothèque de l’Écolieu de Tivoli, fondée en partenariat avec le réseau Tramil. Ce réseau de recherche scientifique et usage populaire des plantes médicinales regroupe environ deux cents chercheurs de trente pays de la Caraïbe. Photo Sophie Krier, juin 2021.

Outre [ses] valeurs paysagères, économiques et sociales, les jardins créoles constituent un trait culturel majeur de la Martinique. Leurs aspects variés et complexes sont l’héritage mêlé et évolutif des « ichalis » caraïbes, des « plantages » ou « places à vivres » au temps de la colonie esclavagiste, des « lougan » ouest-africains, des « jardins de cases » et « jardins à nègres » africains, des « dégrads » et des « habituées » cultivés par les marrons, les libres de savane, les mulâtres libérés voire les déserteurs blancs, des jardins arborés « bô kay » qui entourent les maisons, voire des jardins « an piyon », au pignon de la maison. – Vincent Huygues-Belrose, Atlas des Paysages de la Martinique. Vers une politique des paysages (2006)

Source: http://atlas-paysages.pnr-martinique.com/10-l-elegance-du-patrimoine.html
Lasotè organisé par l’Association Lasoté de Fonds St Denis, 19 Juin 2021. Ce travail collectif de préparation manuelle de la terre avant les semis est porté par des sons de tambouyé, ti bois et de conque de lambis. Il est commenté par le ‘crieur’ (kryé)qui avec la conque, donne la cadence aux mouvements des corps. On appelle ce travail aussi koudmen ou coup de main. Photo Francesca Cozzolino, 2021

Dans un deuxième temps, nous souhaitons valoriser et mettre en partage les savoirs recueillis par le biais de dispositifs artistiques (podcasts, ateliers pratiques) dans le cadre d’événements publics permettant de « faire société », aussi bien à la Martinique qu’en métropole, autour de ces pratiques.

Marc Marie-Joseph, artiste et enseignant au Campus Caribéen des Arts (CCA) de Fort-de-France, tend une feuille de simen-kontra cultivée dans le cadre du projet Arc ARADA à Sophie Krier. Photo Francesca Cozzolino, juin 2021.
Atelier d’alcoolature (première étape de la thérapie par les plantes appliquée en micro doses) organisé par Les Jardins de Gaïac et encadré par Chantal Humez, Nicolette Reibec (Man Tina) et Emmanuel Nossin, le dimanche 13 juin 2021, au Village de la Poterie (Trois-Ilets). Photo Francesca Cozzolino

Dessiner ce qu’on ressent, pas ce qu’on sait.
Afin de mettre en partage les savoirs recueillis par le biais de l’enquête « L’art de faire parler la terre », le jeudi 20 janvier 2022 Francesca Cozzolino et Sophie Krier se sont associées à Nicolette Reibec (experte en plantes médicinales et fondatrice du Domaine Man Tina au Morne Rouge) pour animer un atelier d’observation graphique de plantes conçu sur mesure pour quinze élèves CM2 de l’École Marcel Placide de Fort-de France. L’atelier a eu lieu au coeur de la Plantothèque / École dUrgence de l’Écolieu de Tivoli, réalisée par l’Association CCPYPM (Centre de Culture Populaire Ypiringa de Pastinha Martinique) en 2019 en partenariat avec le réseau Tramil, un réseau qui fédère les acteurs de la recherche scientifique et des usages populaires des plantes dans trente pays de la Caraïbe.

La guérisseuse Man Tina explique les propriétés médicinales des plantes ; Sophie Krier donne des consignes pour un exercise de dessin les yeux fermés. Francesca Cozzolino interroge les élèves sur une plante aux pouvoirs magiques qui pourrait guérir la Martinique des maux que les enfants estiment devoir être soignés. Photo Romain Courtemanche, 2022
Dessin aveugle I & II (parties aériennes et racines). Photo Romain Courtemanche, 2022

Prendre la mesure de l’effort collectif dans le travail de la terre
Le samedi 22 janvier 2022, sous les pitons du Morne-Vert, c’est cette fois avec Marc Marie-Joseph, (artiste plasticien enseignant au Campus Caribéen des Arts où il pilote l’Atelier de Recherche-Création, ARC Arada) que Francesca Cozzolino et Sophie Krier ont fait équipe afin de « prendre la mesure de l’effort » engagé par les agriculteurs pendant le lasotè, une technique de labour collectif sur pente qui se pratique au son de tambours, ti bwa, et conque de lambis. Durant toute la durée du lasotè, Marc et Sophie ont tressé une kod maho (nommée ainsi d’après l’arbre mahault qui en fournit l’écorce), évoquant par ce geste ininterrompu la délimitation d’une parcelle, la construction de liens entre l’homme et son environnement, ou encore certaines expressions créoles dans lesquelles la corde joue un rôle, comme celle évoquée dans la chanson populaire de Eugène Mona « Bwa brilé » : (je me lève le matin, je prends un bout de corde et m’attache les reins avec). La technique du tressage leur a été transmise par Guy Bussy, membre de l’Association Lasotè de Fonds St Denis.

Marc Marie-Joseph tresse l’écorce la kod maho (corde mahault). Photo Romain Courtemanche 2022
Labourage et tressage se croisent. Photo Romain Courtemanche 2022
Guy Bussy (membre de l’Association Lasotè) pendant l’atelier d’apprentissage de la technique de tressage de la corde mahault avec Shamika Germain, Cindy Manlius (étudiantes en art au CCA), Nato Bosc Ducos (étudiant en mobilité depuis l’Ecole des Arts Décoratifs, Paris), 19 janvier 2022.

ACTIVITÉS

  • Journée d’étude en ligne « Créolisation en art et en design? Créer dans le Tout-monde », mardi 17 novembre 2020, École des Arts Décoratifs, Paris
  • Table ronde « Pour un design situé. Rencontre autour du livre Eloj Kréyol » au Campus Caribéen des Arts (CCA) de Fort-de-France, Martinique et en ligne, mardi 8 juin 2021, 11h-12h30 (heure de Fort-de-France) et 17h-18h30 (heure de Paris). Consulter le programme.
  • Atelier participatif « Dessin à l’aveugle », Francesca Cozzolino, Sophie Krier et Man Tina, Écolieu de Tivoli, Fort-de-France, 20 janvier 2022.
  • Intervention artistique « Tresser la kod maho« , Marc-Marie Joseph et Sophie Krier en alliance avec l’Association Lasotè, Morne-Vert, 22 janvier 2022.
  • Conférence : « Co-construire les savoirs sensibles  » . Modéré par Arnaud Dubois (anthropologue, Ensadlab), cet échange a croisé les regards de Francesca Cozzolino (anthropologue, EnsadLab), Sophie Krier (artiste-chercheure, EnsadLab) et Annick Jubénot (fondatrice de l’Association Lasotè, Fonds St Denis, Martinique). Cette conférence a été pensée pour le workshop « Élargir les champs d’une pratique de recherche citoyenne » du forum Trans-making organisé par Relais Culture Europe le jeudi 2 décembre 2021.
  • Conférence : « L’art de faire parler la terre » donnée le mardi 29 novembre 2023 à l’ ENSA-Limoges, dans le cadre du projet de recherche-création « Chromoculture, cultiver la couleur par l’art et le design », porté par Arnaud Dubois.
  • Conférence : « Faire parler la terre ». Cette conférence a été pensée pour l’axe intitulé « Enquêter, collecter » du colloque « En-quête d’images. L’art de croiser les gens » organisé par Magali Massoud, Agathe Roux et Laurine Wagner les 16 et 17 janvier 2023 à l’ École des Arts de la Sorbonne, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
PUBLICISATIONS

Remerciements
À Claire Joseph et Téo Angoleiro pour l’accueil à l’Écolieu de Tivoli ; à Florence Lazar pour la mise en contact avec Man Tina par le biais de son film « Tu crois que la terre est chose morte » (2019) ; à Annick Jubénot et l’Association Lasotè pour l’accueil chaleureux ; à Christine Chivallon pour son travail précurseur avec le livre « Espace et Identité à la Martinique » (1998) sur la paysannerie des mornes; à Marc-Marie Joseph pour la mise en lien avec Emmanuel Nossin par le bais de l’ARC Arada au CCA.

Colophon
Le projet de recherche « L’ art de faire parler la terre. Une enquête de recherche-création autour des pratiques horticoles et de la culture rurale à la Martinique » est soutenu par le Ministère de la Culture et de la communication, département de Outre-Mer et mené par Francesca Cozzolino et Sophie Krier au sein de la Plateforme « Art, design et société » d’EnsadLab, le laboratoire de recherche de l’École des Arts Décoratifs, Paris.

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Le sensible comme forme de connaissance : enquêter et publier autrement

Workshop de recherche 2020

Workshop de recherche « En quête d’images ». Comment inventer des dispositifs socio-technologiques visuels de recherche, du terrain ethnographique à la publication, de l’enquête à sa restitution?

Dates : 28-29-30 septembre 2020
Lieu : EnsadLab, Ecole des Arts Décoratifs, Paris
Billet EnsadLab : Workshop de recherche « En quête d’images »
Télécharger le programme du workshop

Lors de ce workshop, quatre équipes de chercheur.e.s issues des projets soutenus par l’EUR ArTeC « En quête d’images » et « Tailleurs d’images » se sont réunies autour de problématiques de recherche communes qui interrogent la circulation des savoirs, la possibilité de s’adresser à de nouveaux publics par des formes innovantes de publicisation de la recherche, la création d’agencements visuels et de récits spéculatifs permettant de partager des recherches collectives qui mobilisent une diversité de données empiriques (visuelles, sonores, géographiques), ainsi que l’expérimentation de dispositifs interactifs pour la restitution d’enquêtes ethnographiques.

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Note de synthèse Tailleurs d’images


Note de synthèse du collectif Tailleurs d’images, workshop de recherche « En quête d’images » (28-30 septembre 2020, EnsadLab)

Le projet de recherche « Tailleurs d’images : nouvelles voies d’expériences artistiques, quels espaces, quelles pratiques pour quels territoires » est un projet transdisciplinaire arts sciences humaines et sociales porté par un collectif d’artistes et de chercheurs. Le projet vise à explorer des chemins inédits d’expériences artistiques à l’échelle du territoire de la Seine Saint Denis. Il s’inscrit dans les orientations contemporaines des recherches en questionnant conjointement les modalités de l’expérience esthétique et ses enjeux politiques. Le parti pris du projet consiste à considérer le sujet visiteur de l’exposition-action, comme un sujet pragmatique du « je peux » qui oeuvre dans le monde, s’approprie ce qui est donné, disponible ou prévu et construit des ressources, il s’agit d’un sujet en devenir, d’un sujet auteur de son développement. » (Rabardel, 2005). Dans cette optique, le tableau est autant fait par le regardeur que l’artiste. L’existence d’une oeuvre implique que deux activités hétérogènes, celles des regardeurs et celle des artistes entrent en résonance. Les expériences de résonances sont constitutives du devenir sujet. »

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Journée creolisation 2020

Journée d’étude en ligne « Créolisation par l’art et en design? Créer dans le tout-monde »

Date : Mardi 17 novembre 2020, 10.00 – 18.30
Intervenant.e.s : Christine Chivallon, Dénètem Touam Bounadach&zephir, Rolando Vázquez, Florence Lazar, Laura Bini CarterCharlotte AttalRachel Marsil et Ruedi Baur
Télécharger le programme
Voir le billet sur le site de EnsadLab
Inscriptions : evenement.recherche@ensad.fr (vous recevrez alors un lien zoom vous permettant de nous rejoindre pour la journée)

Si la notion de créolisation a déjà été mobilisée dans les pratiques curatoriales (Martin 1989 ; Enwezor 2003), la manière dont elle est aujourd’hui revendiquée, mise en oeuvre, rejetée ou ignorée par une jeune génération d’artistes et de designers est en revanche moins bien connue. Prenant acte de cette lacune de la théorie de l’art et du design francophone, cette journée d’étude propose de réfléchir à la façon dont la notion de créolisation dans toute sa richesse épistémologique, linguistique, politique et culturelle (Chivallon 2013) irrigue ou pas les pratiques contemporaines en art et en design et si, en retour, elle est peut nous aider à penser comment aujourd’hui la création peut affecter les sociétés et communautés ayant entamé un processus de décolonisation de leurs savoirs et pratiques.

Affiche de la journée, 2020. Graphisme Charlotte Attal.

Cette journée d’étude est organisée par la Plateforme « art, design et société, (Francesca Cozzolino, Arnaud Dubois et Sophie Krier) d’EnsadLab (laboratoire de l’École des Arts Décoratifs – Université Paris, Sciences et Lettres, PSL) avec le soutien de la Chaire arts& sciences de l’École polytechnique, de l’EnsAD-PSL et de la Fondation Daniel et Nina Carasso.

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Quand le sensible affecte la société : nouvelles formes d’écologies sociales

Table ronde Mexique 2020

Table-ronde : « Création contemporaine au Mexique »

Date: 15 octobre 2020
Lieu: Institut cultural de México en France
Avec : l’artiste Mauricio Limón de León, l’anthropologue Francesca Cozzolino (enseignante-chercheure, EnsadLab) et le curateur Marco Calderón.

Entre raillerie et observation du banal, l’artiste Mauricio Limón de León nous invite dans l’exposition « Le premier qui rira » à une réflexion sociale au gré de ses pérégrinations dans un espace urbain identifié: Iztapalapa. Densément peuplé, ce secteur sensible est situé à l’est de Mexico. Cette enclave éloignée et défavorisée revêt aux yeux de l’artiste une dimension énigmatique et profondément humaine.

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Produire le sensible : matérialité et processus de fabrication

Enquête Totomoxle

Totomoxle

Production du « Totomoxtle », Tonahuixtla (Puebla, Mexico), 2019. Images Fernando Laposse

A travers le projet « Totomoxtle » développé par le designer Fernando Laposse dans le village de Tonahuixtla (Puebla, Mexico), nous cherchons à saisir la manière dont les paysans ont appris à maîtriser des gestes artisanaux, les astuces et savoirs investis dans les procédés de production, dès la récolte des feuilles de maïs à l’usage de prototypes dessinés pas le designer. Nous visons aussi à rendre compte des relations culturelles, économiques, politiques, écologiques et symboliques qui sont à l’œuvre dans ce projet.

Publicisations

  • « La trajectoire singulière d’une feuille de maïs », un film réalisé à partir d’une enquête de Francesca Cozzolino sur la réalisation d’objets de design issus de la culture du maïs dans l’État de Puebla, au Mexique. réalisation : Francesca Cozzolino et Coralie Maurin
    design graphique et animations : Juliette Nier
    voix : Laura Flety photo : Romain Courtemanche et Andres Pulido Esteva musique : Xochipitzawak, Trío Colatlán de Don Heraclio Alvarado, Heracio Alvarado Tellez, Mauricio Juárez Joyner, César Juárez-Joyner, © Mitote Digital 2022
    en partenariat avec la revue .able
    accessible en ligne : https://doi.org/10.69564/able.fr.25025.feuilledemais
  • Francesca Cozzolino, « De la culture de la milpa à l’objet de design. Relier les pratiques d’agriculture traditionnelle à l’innovation technique dans un village de l’état de Puebla (Mexique) », Techniques&Culture 2021/2 No 76 « Waza on the Move. L’art ineffable de l’apprentissage », 17 novembre 2021, p 226-229. Accessible en ligne : https://doi.org/10.4000/tc.16902
Production du « Totomoxtle », Tonahuixtla (Puebla, Mexico), 2019. Photo Francesca Cozzolino
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Le sensible comme forme de connaissance : enquêter et publier autrement

Workshop éditorial Imaginer l’article de demain

Workshop éditorial « Imaginer l’article de demain : nouvelles structures narratives et formes de socialisation des savoirs » (2019)

En juin 2019, nous avons organisé un atelier d’expérimentation éditoriale à partir de nos différentes enquêtes de terrain. A l’issue de l’atelier, plusieurs formes de restitution ont été proposées (atlas transmédia, base de données, topographie sensible…) par les équipes invitées.

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Enquête savoir-faire créolisés

Créolisation des savoirs : Eloj Kréyol (2019)

Florian Dach, Dimitri Zephir (dach&zephir) et Sophie Krier présentent leurs recherches lors du workshop éditorial « Imaginer l’article de demain : nouvelles structures narratives et formes de socialisation des savoirs » (2019)

« Créolisation des savoirs » est une recherche éditoriale portée par Sophie Krier autour du projet de recherche Éloj Kréyol du duo parisien / guadeloupéen de design dach&zephir. Cette enquête à perspective décoloniale cherche à questionner la façon dont les formes créées aujourd’hui par les designers peuvent témoigner des processus de créolisation linguistique, culturelle et matérielle dans les Antilles françaises, afin de valoriser des savoir-faire artisanaux qui sont la manifestation d’une « intelligence rusée » (Lucrèce 2019).

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Formes d’écriture et processus de création

Archives de la journée « Formes d’écriture et processus de création » (2018)

Séance de travail sur l’ouvrage numérique «La création à l’œuvre. Une enquête autour de l’exposition Typoéticatrac», EnsadLab, 9 février, 2018.

Date : Jeudi 29 mars 2018, 9-20h
Lieu : École des Arts Décoratifs, 31 rue d’Ulm, Paris
Consulter le programme complet de la journée

La matinée, intitulée « Au-delà du texte. Quand les sciences humaines et sociales s’emparent des nouvelles formes de narration », a entrepris d’interroger comment certaines formes d’écriture artistique (graphisme, bande-dessinée ethnographique, dessin, data visualisation, exposition) viennent inspirer et transformer les pratiques des chercheurs en sciences humaines et sociales. Comment rendre compte et analyser des processus de création par de nouvelles formes d’écriture davantage liées aux situations observées ?

L’après-midi, intitulé « Hybridations. Recherches artistiques aux prises avec l’anthropologie » a regroupé des démarches à la croisée de l’art, du design et des sciences sociales, qui emploient des supports et des médias différents pour développer des formes narratives singulières. Celles-ci invitent à des lectures interactives en impliquant davantage le geste et le lecteur. Comment tirer parti des pratiques plastiques qui permettent de construire des nouvelles structures narratives ?

La journée a été clôturée par la conférence publique de Tim Ingold intitulée « Art and Anthropology for a living world » (archive vidéo en bas de page).

Cette journée d’études s’est inscrite dans le projet de recherche « Prendre le parti des choses. Publications hybrides sur les processus de création », dirigé à Ensadlab par Francesca Cozzolino (enseignante-chercheure, EnsadLab/LESC) avec la collaboration de Pierre-Olivier Dittmar (maître de conférences, EHESS, Techniques&Culture) et le soutien de l’Université PSL dans le cadre du projet IRIS « Création, cognition et société » et de la Chaire arts & sciences de l’École polytechnique, de l’EnsAD-PSL et de la Fondation Daniel et Nina Carasso.

Publicisations

  • INGOLD Tim, « Art et anthropologie pour un monde vivant », in : Techniques&Culture, Débats, publié le 11 février 2018, accessible en ligne : https://tc.hypotheses.org/2055

Conférence de clôture « Art and Anthropology for a living world » de Tim Ingold

Crédits image en introduction : Counting Kolams workshop run by Ester Alemany and Alfonso Mulero, Aberdeen Botanical Gardens, Knowing from the Inside (KFI), 2017. Photos Emile Kirsch.

Synopsis: Traditionally, the disciplines of anthropology and art have faced in opposite directions: the former dedicated to understanding forms of life as we find them; the latter to the creation of forms never before encountered. This talk is founded on the premise that the traditional opposition is untenable. Not only would the work of art carry no force unless grounded in a profound understanding of the lived world; but anthropological accounts of the manifold ways along which life is lived would also be of no avail unless brought to bear on speculative inquiries into what the possibilities for human life might be. Thus art and anthropology have in common that they observe, describe and create. Their orientations are as much towards human futures as towards human pasts: these are futures, however, that are not conjured from thin air but forged in the crucible of contemporary social lives.