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Produire le sensible : matérialité et processus de fabrication

Peau de poisson et usages sensibles en France et au Brésil

Nettoyage d’une peau de saumon, 2022, France. Crédits : Lola Loup

La peau de poisson est devenue un déchet de l’industrie agroalimentaire. Sa stabilisation récente mène à l’élaboration de cuir de poisson dont les destinations actuelles sont celles des cuirs classiques.

Par des bains de tannages naturels et rudimentaires, la peau de poisson que Lola Loup collecte en France et au Brésil donne un matériau dont l’aspect -entre le papier et le plastique – ne peut être considéré comme du cuir et n’y trouve pas d’intérêt. La peau de poisson en tant que peau ouvre d’autres imaginaires reposant sur des qualités techniques comme la résistance, l’imperméabilité ou la translucidité et questionne la durée de vie même de la matière.

Par l’observations d’usages, de modes de vie contemporains liés à la collecte et de chaines de revalorisation des peaux de poisson en France et au Brésil, Lola Loup souhaite rendre compte des potentialités de créations qui s’articulent autour d’enjeux écologiques, économiques et culturels : penser de nouveaux déploiements formels en interaction avec le lieu de collecte initial des peaux.

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JE SS II

Archives de la journée d’étude « Savoirs Sensibles (II) : savoir-faire et création »

Date : mardi 7 juin 2022, 9h30—18h
Lieux : Ensadlab (salle 306) et ENSA–Limoges (visioconférence)
Billet sur EnsadLab
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Affiche Stéreo Buro

Organisée par la Plateforme « art, design et société» (Arnaud Dubois, Francesca Cozzolino et Sophie Krier), cette journée aura lieu à l’EnsadLab (salle 308), le laboratoire de l’Ecole des Arts Décoratifs de Paris et simultanément en visioconférence à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art et de Design de Limoges.

Cette journée s’inscrit à la suite de la journée d’étude « Savoirs sensibles : esthétique et anthropologie » qui a eu lieu en avril 2021 et à l’occasion de laquelle nous avions interrogé les liens entre esthétique, politique et sensible dans ses dimensions philosophiques, anthropologiques et artistiques. Cette année nous nous proposons de poursuivre notre exploration de cette notion entre d’une part les savoir-faire, les matérialités et les gestes techniques et d’autre part la création artistique, la recherche par le design et l’expérimentation plastique. Pour ce faire, nous nous proposons de mettre en dialogue des designers et des artistes qui collaborent avec des artisans ou se confrontent aux savoir-faire (Natalia Baudoin et Jessie Derogy), des artisans qui ouvrent leur pratique en direction de l’innovation technologique (Steven Leprizé) ou de la réflexivité des sciences sociales (Brune Boyer) ; des chercheurs (Nathan Schlanger et Laurence Douny) qui font de la technique et de l’histoire de la technologie leur objet d’étude dans une articulation entre technique et esthétique sociale.

En interrogeant ces relations différentielles qui existent, en interdisciplinarité, entre savoir-faire et création, nous nous proposons ainsi de poursuivre notre exploration de l’expérience sensible comme paradigme de la recherche en art et en design et des savoirs sensibles comme forme de connaissance qui en résultent.

Archives vidéos de la journée d’étude

Introduction (Francesca Cozzolino, Arnaud Dubois, Sophie Krier)
Nathan Schlanger (Historien, École nationale des chartes) : « La plastique du geste banal » : sur l’anthropologie des techniques au XXe siècle
Brune Boyer (Bijoutière-plasticienne, LESC, Paris Nanterre) : « Dessiner, tester, fabriquer » : filmer les gestes pour saisir un processus de création
Jessie Derogy (Designer, ENSA Limoges) : Regarder avec les mains et toucher avec les yeux
Natalia Baudoin ( Designer, EnsadLab) : Design convergent, Bricologies symbiotiques
Steven Leprizé (Ebeniste, Ecole Boulle) : Artisanat et innovation en ébénisterie 
Laurence Douny (Anthropologue, Humboldt-Universität) : L’affinité du corps et la matière : les savoirs techniques de la soie sauvage au Burkina Faso (Afrique de l’ouest)


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Chromoculture (depuis 2021)

Fig.1 Teinturière au travail (Aubusson, France), 2021. Photo Arnaud Dubois

Ce nouveau programme de recherche est porté au sein de la plateforme par Arnaud Dubois et développé en collaboration avec l’Ecole nationale supérieure d’art et de design de Limoges et le Conservatoire national des arts et métiers. Chromoculture s’intéresse aux pratiques des travailleurs de la couleur en France : artisans de la coloration, professionnels de l’esthétique chromatique, scientifiques et ingénieurs des colorants et du coloris. Nous nous proposons de porter un regard différent sur ce qu’est le phénomène « couleur » dans une société contemporaine et d’interroger la place de ces intermédiaires dans la construction de nos environnements construits.

ACTIVITÉS
  • Exposition « Une couleur de trop » réalisée dans le cadre d’un partenariat entre l’ENSA de Limoges et le Frac-Artothèque Nouvelle-Aquitaine à l’occasion de la journée d’étude « Une couleur de trop », octobre 2021
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Enquête Totomoxle

Totomoxle

Production du « Totomoxtle », Tonahuixtla (Puebla, Mexico), 2019. Images Fernando Laposse

A travers le projet « Totomoxtle » développé par le designer Fernando Laposse dans le village de Tonahuixtla (Puebla, Mexico), nous cherchons à saisir la manière dont les paysans ont appris à maîtriser des gestes artisanaux, les astuces et savoirs investis dans les procédés de production, dès la récolte des feuilles de maïs à l’usage de prototypes dessinés pas le designer. Nous visons aussi à rendre compte des relations culturelles, économiques, politiques, écologiques et symboliques qui sont à l’œuvre dans ce projet.

Publicisations

  • Francesca Cozzolino, « De la culture de la milpa à l’objet de design. Relier les pratiques d’agriculture traditionnelle à l’innovation technique dans un village de l’état de Puebla (Mexique) », Techniques&Culture 2021/2 No 76 « Waza on the Move. L’art ineffable de l’apprentissage », 17 novembre 2021, p 226-229. Accessible en ligne : https://doi.org/10.4000/tc.16902
Production du « Totomoxtle », Tonahuixtla (Puebla, Mexico), 2019. Photo Francesca Cozzolino